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LA VIE COMME APPRENTISSAGE DE LA MORT

Auteur : DIACRE KAGHULALO BIN NZALA DARYL | Publié le : 6/9/2025

S’il est des phénomènes qui ne cessent de tourmenter l’esprit et le cœur humain, la mort en est un. Le phénomène de la mort est préoccupant. Il traverse l’histoire de l’humanité. En effet, tout homme est voué à la mort. Cette dernière est comptée parmi les réalités inéluctables dans la vie au point que Martin Heidegger le définit comme « un être pour la mort » . Alors qu’on assiste à un essor technique dans les différents domaines scientifiques, la question de la mort demeure une situation limite de telle sorte que toutes les techniques et pratiques scientifiques aujourd‘hui n’ont pas pu y apporter une solution satisfaisante. Face à elle, l’homme est désarmé et chosifié. Derousseaux et Braudy le disent bien en ces termes: « Devant la mort, l’homme est devenu plus conscient de sa propre biographie mais aussi de sa faiblesse, de son attachement passionné aux choses et aux êtres » .
Pourtant plusieurs de nos contemporains éprouvent sinon une nausée, du moins une répulsion quand il faut parler de la mort. Ils préfèrent garder silence, simplement parce que ce phénomène suscite un sentiment de tristesse, une douleur psychique embarrassante.
Latourelle l’avait bien constaté. Voilà pourquoi il écrit : « la mort c’est l’événement universel, plus encore que la vie, car beaucoup auraient pu naître, qui ne sont pas nés, mais tous meurent. La mort, c’est le drame intégral et sans répétition, la chose la plus courante, la plus banale, la plus attendu et cependant elle nous trouve toujours démunis, incrédules, scandalisés, révoltés. On répugne à en parler » . Ce silence bien entretenu de la mort ne favorise pas une prise de position adéquate quand ce phénomène arrive. L’absence de méditation profonde et collective à ce propos semble rendre la mort plus étrangère et plus embarrassante dès qu’elle a lieu. Il s’ensuit en Afrique certaines attitudes non acceptables. Pensant dans certains villages que derrière toute mort il y a un sorcier, on vient à des soupçons ou à des accusations. A la mort d’un époux, on arrive même dans certaines tribus à s’en prendre à son épouse innocente, à la tabasser, comme si c’est elle nécessairement qui doit avoir été à la base de sa mort. La mort qui fait l’objet de notre modeste réflexion est une situation dramatique.
De cet état des choses, quelques questions surgissent : comment présenter la mort de sorte qu’elle ne puisse être un objet (d’effroi) paralysant ? Quelle attitude adopter devant la mort ?
Pour cerner cette problématique, nous nous appuyons sur la pensée du philosophe Vladimir Jankélévitch contenu dans son livre « La Mort ». En effet, plus que tous les autres, ce philosophe milite en faveur de la prise de conscience de cette expérience de la mort. Selon lui, il serait normal pour tout être vivant de prendre conscience de cette expérience de la mort car elle constitue un événement inévitable dans l’existence humaine. Doté de la raison, l’homme doit se rendre compte que la mort est un passage obligé et que nul ne peut y échapper en tant que loi naturelle. L’homme est sujet de la mort . Il est mortel parce qu’il vit et le fait de reconnaitre notre être-au-monde qui a une fin nous pousserait d’ailleurs à reconnaitre et accepter courageusement ce phénomène. Comme stipule Jankélévitch : « Le vivant n’est vivant qu’à condition d’être mortel ; et il est bien vrai que ce qui ne vit pas ne meurt pas, c’est parce que ce qui ne meurt pas ne vit pas » .
Ainsi par cet article, nous partons de la conception du Philosophe français Vladimir Jankélévitch pour inciter l’homme à avoir une vision non effrayante face à la mort mais de comprendre que celle-ci fait partie de l’existence humaine et que face à elle, il convient de développer une attitude non paralysante.
En péroraison, la mort bien qu’omniprésente, reste un mystère pour l’homme de tous les temps et de tous les lieux. Ce sujet sur la mort qui est philosophique nous aide à retrouver l’attitude à adopter devant la mort étant donné qu’elle est une réalité transcendantale et inévitable. Ensuite, dans nos sociétés actuelles, en Afrique, en République Démocratique du Congo plus singulièrement au Nord et Sud Kivu et en Ituri où nous assistons à plusieurs décès suite à la maladie, à la vieillesse, à la guerre et même à la famine, l’homme ne cesse de s’angoisser. D’où le constat de l’angoisse qui semble être inévitable. Quand l’homme réalise qu’il est concerné par la mort ou que sa mort est prochaine, il entre dans l’angoisse. Toutefois, nous recommandons le courage. Notre travail se propose de conscientiser l’homme, cet être voué à la mort, à prendre la mort non comme une fin mais comme passage et expérience pour tout vivant.

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Commentaires

Kyakimwa

Je suis fière de vous, un bon boulot

Le 6/9/2025
Esaïe Hervé Nzemba

Je tenais à vous remercier cher Daryl pour cet appel pathétique à prendre conscience de la mort, une réalité inéluctable, sans sombrer dans l’angoisse. Bien plus, l’homme est attaché à la vie, il la célèbre et en jouit même si le congolais de l’Est de la RDC, lui, survit plutôt. C’est peut être la raison pour laquelle il reste désarmé face à la pesanteur de la mort qui est un mystère, un chemin de non retour. Prendre conscience de cette réalité au delà du fait que l’homme est un être voué à la mort, il y a lieu de recommander une éducation y afférente.

Le 6/9/2025
Consolate feza ornela

Que dire ce purement vrai on est tous appelés à mourrir que ça soit d'une façon naturelle, accident, meurtre. La mort est inevitable nul ne connaît l'heure ni le jour de sa mort

Le 6/9/2025
Tony cross-man

Au final la mort est un spectre, une ombre à l’horizon, chargée de mystères! L’homme se doit juste d’accepter qu’elle arrivera un jour. Il doit être prêt à l’accueillir à chaque seconde de sa vie.

Le 6/9/2025
Baudouin ODINGA

C'est une excellente réflexion. Ce travail va aider plusieurs familles qui traversent une situation difficile et angoissante dûe à la mort de l'un de leurs. Courage mon frère et continue sur cette lancée

Le 6/9/2025
Baudouin ODINGA

C'est une excellente réflexion. Ce travail va aider plusieurs familles qui traversent une situation difficile et angoissante dûe à la mort de l'un de leurs. Courage mon frère et continue sur cette lancée

Le 6/9/2025
Prossy

Quelle belle plume, cher Daryl. Ta réflexion sur ce phénomène ultime qu’est la mort touche profondément. Ce mystère insondable, partagé par tous les êtres vivants, reste une énigme. Pourtant, te lire nous invite à une prise de conscience apaisée, à accueillir cette étape finale non comme une fin brutale, mais comme une conclusion naturelle du voyage de la vie.

Le 6/9/2025
Ecarg Musubao

Merci Mr Daryl Kagulalo Bin Nzala pour cet article dans lequel vous avez exploré la relation complexe et souvent angoissante que l'humanité entretient avec la mort. Vous avez souligné que, malgré les avancées scientifiques, la mort demeure une « situation limite » qui expose la faiblesse de l'homme. Vous avez également critiqué le silence et la répulsion qui entourent ce sujet, en particulier en Afrique, où la mort peut engendrer des accusations irrationnelles. Vous appuyant sur la philosophie de Vladimir Jankélévitch, vous nous proposer de considérer la mort non pas comme une fin effrayante, mais comme une partie intégrale et inévitable de la vie. En acceptant courageusement sa propre mortalité, l'homme peut dépasser l'angoisse et envisager la mort comme un simple passage, une expérience naturelle pour tout être vivant.

Le 6/9/2025
Ecarg Musubao

Merci Mr Daryl Kagulalo Bin Nzala pour cet article dans lequel vous avez exploré la relation complexe et souvent angoissante que l'humanité entretient avec la mort. Vous avez souligné que, malgré les avancées scientifiques, la mort demeure une « situation limite » qui expose la faiblesse de l'homme. Vous avez également critiqué le silence et la répulsion qui entourent ce sujet, en particulier en Afrique, où la mort peut engendrer des accusations irrationnelles. Vous appuyant sur la philosophie de Vladimir Jankélévitch, vous nous proposer de considérer la mort non pas comme une fin effrayante, mais comme une partie intégrale et inévitable de la vie. En acceptant courageusement sa propre mortalité, l'homme peut dépasser l'angoisse et envisager la mort comme un simple passage, une expérience naturelle pour tout être vivant.

Le 6/9/2025
Muhindo RUHUVI Pacifique

Accepter la mort c est reconnaitre que la vie est un don de Dieu. Cela nous permet de vivre pleinement avec espoir de la resurrection.

Le 6/9/2025
Vieux Ngandu

Un phénomène que kamizelo ne pourra pas maîtriser, donc non maîtrisable 😔

Le 6/9/2025
Emmany Wabike

Merci pour cette réflexion très cher. Il est évident que la mort n'est pas une des questions primaires de l'être humain, mais son caractère universel fait d'elle, une interrogation à laquelle l'homme ne peut pas s'en passer. Merci pour cette inspiration.

Le 6/9/2025
Gloria Mulamba

La mort est présente comme une réalité inévitable,au cœur de l'expérience humaine mais la réaction humaine face à la mort est répulsive, nous ressentons un gêne face à cette réalité. L'idée de prise de conscience de la mort non pas comme un tabou mais comme une partie intégrante de la vie est bonne., reconnaître notre mortalité peut nous libérer de la peur et nous aider à adopter une attitude plus sereine. Tellement bien écrit, très belle réflexion Diacre,vas encore plus loin.

Le 6/9/2025
Olivier Mukirania

Un contenu percutant, qui invite à une véritable prise de conscience face au sujet de la mort. Cela m’a renvoyé à une question que je me suis souvent posée : pourquoi ne s’habitue-t-on jamais à la mort ? J’ai trouvé une réponse dans ces lignes : la mort est un objet d’effroi, paralysant. Merci et courage à vous, cher Daryl. Vous êtes notre fierté !

Le 6/9/2025
Kazi Orbut

J'apprécie ce boulot et peut être nous aurons à jeter un coup d'œil sur le même sujet cette fois dans le cadre spirituel.... Courage cher scientifique

Le 6/9/2025
Serge Wasingya dit Merci Jésus

La mort est une grande question et loin d'être un problème, elle se révèle un mystère. La mort, un sujet qui ne peut intéresser que les vivants, Cicéron, l'a appelé une délivrance. Vivre, c'est comme rêver, et mourir serait comme un cauchemar dans le sommeil perpétuel de vie. Pourtant, d'aucuns disent souhaiter n'avoir plus exister pour ne goûter de douloureuses situations de notre temps dans ces zones Ituri, Sud et Nord Kivu tiennes... Les morts endormis depuis bien avant cette souffrance ne sont-ils pas par hasard heureux ou alors ceux qu'aujourd'hui la mort enlève de cette alarmante réalité ? Merci Jésus !

Le 6/9/2025
rodriguebwambale@gmail.com

Heureux celui qui avale d'une gorgée l'idée de la mort, puis s'en détourne pour n'y plus penser. Mourir, ce suprême événement de l'existence, s'accomplit le plus souvent sans que nous nous en mêlions, bien qu'apparemment, on meurt comme on a vécu, et il serait rare que cela arrive autrement. Et si la mort n'était pas rupture mais transposition ? Ce serait comme aller rejoindre dans l'ombre ses élans. Mais, avant de mourir, vivons! Ayons pour loisir notre passion, bonheur de ceux sur qui la mort n'aura peut-être jamais prise.

Le 7/9/2025
Chrisma Kalunga

Ce monde a connu des puissants qui ne reculaient point face à certains défis ou obstacles de la vie mais ceux-ci ont été maîtrisés par ce typhoïde( ptdr) qu'on nomme la mort et elle continue sa mission. Merci mon grand pour ce somptueux article et espérons en lire d'autres.

Le 7/9/2025
Shekinah Kabedi

En Afrique on appréhende toujours la mort comme un mythe, merci d’en parler avec autant de clarté je crois que par cette plume certains trouveront réconfort à la perte d’un être cher et certains comprendront que on vit pour mourir 🫶🏻 Profitez au max de votre vie 🫠

Le 8/9/2025
Shekinah Kabedi

En Afrique on appréhende toujours la mort comme un mythe, merci d’en parler avec autant de clarté je crois que par cette plume certains trouveront réconfort à la perte d’un être cher et certains comprendront que on vit pour mourir 🫶🏻 Profitez au max de votre vie 🫠

Le 8/9/2025
Raymond Samba

Une réflexion sur la mort: cela vaut la peine cher Daryl. Merci pour cet article conscientisant! Dorénavant, cette fin, ce passage obligé qu'est la camarde se doit d'être perçu d'une façon la plus optimiste possible.

Le 13/9/2025
John Ngulevo Emmanuel

Je salue cette réflexion qui sort de l'ordinaire, dont l'originalité consiste à s'interroger sur un phénomène ou mieux un mystère dont la société actuelle évite de soumettre au débat. Je vais axer mon propos sur deux paradigme : la métaphysique et la rationalité du phénomène. 1. Le premier considère la mort comme un mystère. Heidegger disait nous sommes des êtres pour la mort. C'est lié à notre nature humaine et aucun ne peut y échapper. La mort surpasse la raison humaine par son caractère insaisissable et non maîtrisable. 2. La rationalité du phénomène rencontre la conception de la mort dans notre vie de chaque jour. Dans notre région, à l'Est de la RDC, la mort connaît une certaine banalisation, son caractère sacré et mystique s'estompe de plus en plus. Ceci se traduit par le filmage des cadavres, les diffusions imminentes corps sans vie, parfois calcinés, massacrés, noyés.... Les réseaux sociaux contribuent sensiblement à la désacralisation de la mort compte tenu de la coutume africaine ainsi que les valeurs chrétiennes qui reconnaissent et croient à la vie après la mort terrestre. Bref, la mort se trouve de nos jours entre évitement de débat et profanation du mythe de l'après-vie sans quoi les chrétiens seraient désorientés dans leur espérance à la résurrection. Mais aussi sans quoi, la culture africaine ne saurait vénéré les ancêtres et les esprits protecteurs. Le débat nécessite un approfondissement plus large au regard des enjeux et défis du 21ème siècle. John Ngulevo Emmanuel Philosophe (G3) et Politologue (L3) 0997329508 / 0811857072 ngulevoemmanuel@gmail.com

Le 7/10/2025