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" Floribert Bwana Chui, notre modèle vivant. " Article de Serge Wasingya. Membre de TPSD à Goma/RDC

Auteur : Serge Wasingya | Publié le : 15/6/2025

La béatification de Floribert Bwana Chui est la fête que nous célébrons aujourd'hui.
Âgé de 26 ans, Floribert Bwana Chui est un martyr de la justice et de l'altruisme. Du point de vue justice, il a su dire non là où la masse sous-entendrait un oui toxique et dont les conséquences seraient la perte d'autant de vies du peuple gomatracien et d'autant de territoires qui environnent cette ville. Il était un homme non seulement juste ou probe, mais aussi et surtout intègre. Dans sa vie, je touche un altruiste aux zenith, il a été parmi les rares personnes qui ont choisi de donner leurs vies plus tôt pour les autres que de vivre longtemps pour eux-mêmes.
Agent de l'OCC/Goma, il était chargé de contrôler les denrées alimentaires à la frontière Congo-Rwanda. Ayant constaté que les denrées alimentaires provenant du pays limitrophe voisinage Est, le Rwanda, étaient très empoisonnées, il n'autorisa pas leur entrée en République Démocratique du Congo. Pourtant on le supplia et lui promit une somme significative d'argent en guise de corruption. Ce serviteur de Dieu, protecteur de la vie des habitants, refusa-t-il. Il accepta plutôt de mourir que de faire disparaitre tout un peuple, toute une nation.
La béatification de cet homme est une invitation à la révolution des mœurs. Rappelant qu'il était jeune comme tous les jeunes, je souligne les paroles du pape François où, s'adressant à la jeunesse, il disait que l'avenir de ce pays était et est entre leurs mains. Dans sa jeunesse, il avait avant la prononciation papale de ce rappel, déjà compris. Ce pays, la RDC souffre de beaucoup de maux parmi lesquels la corruption et la cupidité. A la suite de cet intrépide guerrier, combattant de la justice et de l'honnêteté, devraient s'aligner tous les jeunes, car que vaut la vie humaine si elle ne peut profiter qu'à celui qui la mène ? Quel sens pouvons-nous donner à la vie si elle ne peut s'arrêter qu'à notre mort ?
La vie de Bwana Chui est coloriée de vertus dignes de louange. Il a aimé les pauvres et surtout les enfants. Nous apprenons d'auprès de ceux qui l'ont connu qu'il les a encadrés et qu'il a contribué à et pour leur bien-être. Après lui, le sens de la vie des vulnérables est laissé pour compte. Les enfants abandonnés et par leurs parents et par le gouvernement qui est notre parent à tous sont tristes et personne ne s'en soucie. Leur souffrance s'accroît à une vitesse sans frénésie. Les cas des enfants dans la rue, pour ne pas dire de la rue, à Goma sont trop alarmants. Les enfants soit à l'âge scolaire soit même des nourrissons qui n'ont pas de demeures, qui stationnement sur les trottoirs en criant à la charité des passants nous retiennent et nous font nous demander : où est l'humanisme ? Qui est un Bwana Chui parmi nous, qui veut aider, qui peut avoir pitié dans cette société ?

Devant cette photo, je perds mon contrôle. Quand je regarde la jeune fille, je me réalise que ce sont les peines de la vie qui font qu'elle soit comme âgée pourtant elle varie entre 12 et 14 ans. Mais mon courage me l'a fait aborder jusqu'à lui demander si l'enfant dormant sur ses cuisses lui appartenait. Elle avait désormais de larmes qui tendaient couler quand elle nia. Je ne savais plus continuer, mais j'ai déduis que ses parents seraient, peut-être, morts dans la récente guerre de M23.
Dans cette ville les enfants n'ont plus le sourire sur les lèvres non plus sur les visages. Dans les avenues, les rues et les routes, vous les apercevrez. Tantôt ils sont assis, tantôt ils dorment. Une petite petite fille écolière m'avait marqué il y a deux mois. Alors qu'elle revenait de l'école, elle avait rencontré sur le même passage que moi deux petits enfants abandonnés dans la rue : l'un pouvait avoir 6 ans et l'autre certes 2 ans. J'observais le mouvement, la fille s'était arrêtée, elle avait sorti de son cartable une bouteille de jus qu'elle avait laissé de sa collation. Elle la leur avait tendue. J'étais bien marqué et mon cœur saignait, car intérieurement je me disais pourquoi seulement une écolière parmi tant qui ait pensé à l'autre comme à elle-même. J'ai pris une résolution que je nous voudrais prendre tous pour adoucir tant soit peu les conditions infernales des vies des enfants à nos passages. La décision était de me munir toujours de quelque chose comme pour aider ces enfants qui sont des personnes comme nous. Et aujourd'hui, je pense que peut-être pour leur apporter un quelconque sourire, il faudrait que nous nous promenions munis de cartables contenant des biscuits et que nous les abordions toujours avec le même sourire que nous comptons imprimer sur leurs visages. Bwana Chui a su faire cela et nous devons lui emboîter les pas. C'est là l'humanisme pratique et palpable. Il ne demande pas de grands moyens, mais un grand cœur et une volonté effrénée pour le bien.
Dans sa nature, l'homme a toujours voulu être immortelle. Et l'immortalité, le monde la donné à tout le monde. Le philosophe Kundera a distingué deux immortalités : l'immortalité éphémère et l'éternelle. L'éphémère s'arrête à ceux qui nous ont connus alors que l'éternelle s'étant sur toutes les générations du monde. Nous devons ajouter que l'immortalité peut apporter soit la gloire et l'honneur soit la honte selon que l'immortel laisse derrière lui des traces soit vicieuses soit vertueuses. Les traces de Bwana Chui sont très vertueuses et son immortalité dévient glorieuse au point qu'elle lui taille une place sur la lune par sa renommée internationale.

Pour marquer notre temps, répondons aux besoins de ces vulnérables qui sont accueillis par les rues et non dans les maisons, qui sont sans couverture, qui se couvrent des sacs...
Pour clôre, inspirons-nous de la la sagesse pratique d'Horace qui nous demande d'être Sage, de filtrer nos Vins, et la vie étant brève de couper la longue Espérance. Autrement dit, le bien à poser aujourd'hui n'est pas à rejeter au lendemain, car l'avenir est incertain quand bien même le présent est clair. Après le parcours de cette page, ne tardez plus de lancer votre pas vers les nécessiteux pour leur tendre la main !
Serge Wasingya dit Merci Jésus !

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Commentaires

Ngeleza Maendeleo

Écrivains( poètes, dramaturges, conteurs, romanciers,...); musiciens ; peintres ; bref tous les artistes il est temps que nos arts vibrent à la recherche de la paix comme bwana chuo

Le 15/6/2025
Joël PENDANI

Mr Serge Wasingya est membre de TPSD présent à Goma. Il est témoin occulaire de la déshumanisation de l'humanité dans cette région martyrisée depuis des decennies. Avant de rédiger ce texte, nous étions en discussion avec lui et me parlait des pauvres enfants qu'il rencontrait dans la rue, aujourd'hui, lors de sa promenade. Des enfants abandonnés par leur triste sort. Ce texte est donc la voix des sans voix, un véritable cri de détresse. Sorting de notre zone de confort, allons à la rencontre de l'homme de douleur. Ils sont nos frères, nos enfants... Elles sont nos mamans, nos soeurs...

Le 15/6/2025
Esdras le plus Malade'

Sauvons ces innocents !

Le 16/6/2025
gg'

Hhhh'

Le 3/7/2025