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LA CONSCIENCE DE L’HUMANITE : IMPERATIF POUR UNE SOLIDARITE NATIONALE ET INTERNATIONALE

Auteur : Joël KOMANDA PENDANI, licencié en philosophie et en droit (sui generis) | Publié le : 13/2/2025

D’aucuns pourront affirmer qu’après les carnages observés de 1996 à 2000 et qu’avec la réunification du pays en 2002-2003, la guerre, au Congo, n’est restée qu’un ayant été. Après l’affrontement de Nyamwisi et de Bemba, la guerre au Grand-Kivu n’était plus que devenue un mythe, avant que cette région ne soit la cible d’un kidnapping et d’une boucherie humaine sans précédent. Pourtant, ce n’était là qu’une conception illusoire et confuse. Peut-être qu’une telle affirmation ne serait qu’une façon d’admonester ces peuples qui vivent dans le désespoir d’une situation au lendemain inconnu, pour qui la vie au quotidien est plus que devenue comme une sorte de chemin de croix aux stations plus ou moins longues ; un peuple à bout des larmes, des gémissements.

La paix observée depuis les temps de la réunification n’était qu’une prétendue paix, un armistice, ne dissimulant en elle que les grandes conspirations de notre malheur actuel.

C’est ici où l’on peut arriver à comprendre ce que les romains d’autrefois affirmaient : Saepe sub nomine pacis bellum latet (« Souvent sous le nom de la paix se cache la guerre »). Car, en réalité, l’ennemi se serait joué de notre espérance pour se métamorphoser plus tard à un monstre aux dents aigues, cherchant à mordre tout ce qu’il rencontre à son passage. Ce fut, comme dira Matvejevitch, une « paix froide », un après-guerre aussi cruel que la guerre même. Nous sommes violentés, certes, nous devons l’affirmer. Des plus petites aux plus grandes échelles, est foulée aux pieds notre « humanité », utu - umutu wetu, comme on le dirait en langue swahili la plus parlée de l’Afrique.

Enquêtant sur l’histoire dans laquelle est encrée notre existence, devons-nous nous réaliser que nous sommes écartelés en même temps entre un passé angoissant, un présent exaspérant et un avenir incertain. De l’histoire du passé à l’histoire du présent, en dépit des vicissitudes, il nous importe de vivre encore, d’essayer de vivre, avec un constant regard vers l’avenir, vers des lendemains qui chantent. Au sombre ciel de notre temps, surgir en combattants, nous le devons, d’un cœur unanimement pur et intègre. En citoyens valeureux, en patriotes héroïques, en guerriers infatigables ; voici l’heure, elle est venue, elle est là, où nous devons, aujourd’hui ou jamais, combattre avec des forces invincibles.

Nous sommes, aujourd’hui, victimes des innombrables et indéfinissables crimes qui, malheureusement, nous réservent un futur incertain. Nos peurs se perpétuent, et peut-être à la merci de certains. Il n’y a rien qui puisse se passer sans raison, tout est en rapport avec tout. Aujourd’hui, avec la logique du consumérisme, nombreux sont ceux qui provoquent la peur et l’insécurité parmi les peuples pour en générer de gros capitaux. L’insécurité et la peur peuvent générer un gros capital marchand, et c’est le cas, concède Bauman. L’insécurité et la peur sont devenues, aujourd’hui, des atouts majeurs pour des intérêts commerciaux et politiques et ce, tant au niveau national qu’international.

Il est fort important de savoir ou de chercher à découvrir les mains qui seraient cachées derrière ce drame. Nous ne devons pas continuer à subir continuellement l’histoire, mais plutôt l’influencer par notre prise de conscience toujours renouvelée. Certes, le passé a fait de nous des victimes, mais nous revient cependant le rôle d’influencer le futur pour que les autres, ceux qui viendront après nous, ne soient pas aussi victimes de notre présent désastreux.
Voir la réalité en face, comprendre que l’on est conditionné à vivre une vie non vivable, celle dont la viabilité paraît gracieuse, reconnaître la dévalorisation de sa dignité et lutter stratégiquement pour sa reconquête, se reconnaître dans un cycle infernal des violences avec des coups de fouets, de gaz lacrymogène, de coup de feu, de décapitations, des larmes et des sangs, de fuites et de crainte au quotidien et sans issue ; confrontés à tout cela, mon peuple et ses leaders ont besoin de renforcer la solidarité nationale par la prise de conscience sérieuse pour se défaire d’une histoire aux mille blessures. Et puisque cette humanité déshumanisée dans la région orientale du Congo-Kinshasa est la même humanité chez l’homme de toujours et de partout, par-delà espace et temps, il y a aussi urgence d’une solidarité internationale qui s’impose par la conscience de l’humanité blessée.
Au demeurant, chaque conscience doit être avertie, afin de ne plus tomber dans ce que Hannah Arendt appelle la « banalité du mal ». Car, nous devons être conscients d’un fait : nous sommes responsables de nos actes et même de nos silences. C’est à cause du relativisme sur la saisie du mal, que notre monde mondialisé réduit à un village planétaire, est devenu le théâtre odieux de tous les maux en visage pluridimensionnel : jalousie, haine, égocentrisme, conflits, division, tuerie, assassinat, enlèvement, etc. Mieux vaut mourir débout que de mourir à genoux (Camus). L’histoire est entre nos mains, le changement est toujours possible. Le mal n’est jamais une fatalité.
Joël KOMANDA PENDANI, licencié en philosophie et en droit (sui generis)

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Commentaires

MerJ

Après la lecture silencieuse de cet article, je nous demande de lire cette réalité dans la peau même des Kivutiens (Habitants de la Province du Nord-Kivu). "Ils sont aussi des hommes, dignes comme nous sommes ". Kivu saigne et son sang est très innocent, donc victime de l'inconnu, versé sans raison ! Chacun est responsable de son silence, qui de fois peut traduire une complicité.

Le 13/2/2025
Kavira Muliwavyo Harlette

Nous ne savons plus quoi parler et dire. Nos cœurs saignent jour et nuit. La question qui surgisse pourquoi nos dirigeants font comme si rien n était? Nous sommes blessés d'avantage. Nous allons rester debout jusqu à nos derniers souffle. Seul l unité entre congolais sauvera la République Démocratique du Congo.

Le 13/2/2025
Hugues pendani Komanda

🙏

Le 6/6/2025
Hugues pendani Komanda

🙏

Le 6/6/2025

keep it up bro. You are giving us some light about the reality of Noth Kivu.

Le 22/6/2025