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GOMA A BOUT DE SOUFFLE : LA SANTE PUBLIQUE S’EFFONDRE
La guerre n’a pas seulement détruit les maisons et vidé les rues. Elle a aussi mis à genoux tout ce qui permettait aux habitants de Goma de rester en vie et en bonne santé. Aujourd’hui, se soigner est devenu un luxe, et même manger est un défi.
Depuis que la ville est sous contrôle des forces de l’AFC/M23, tout est bloqué : plus d’avions, plus de bateaux pour approvisionner Goma. Les médicaments ne rentrent plus, la nourriture non plus. Les hôpitaux sont débordés, les pharmacies vides, et les malades sont abandonnés à leur sort.
Et ce n’est pas tout. La faim, le manque d’eau potable, la promiscuité et le manque d’hygiène créent un cocktail explosif de maladies qui risquent d’emporter des milliers de personnes si rien n’est fait.
Des hôpitaux sans moyens, des soignants impuissants
Avant même cette crise, le système de santé de Goma était déjà fragile. Mais aujourd’hui, c’est bien pire :
Pas de médicaments : même le paracétamol devient rare, sans parler des traitements pour le diabète, le paludisme ou l’hypertension.
Pas d’argent : toutes les banques ont vidé leurs coffres et évacué une partie de leur personnel. Résultat : plus personne ne peut retirer d’argent, et les hôpitaux n’ont plus suffisamment les moyens d’acheter quoi que ce soit.
Pas assez de médecins : certains ont fui, d’autres tombés sous les balles et d’autres encore sont là mais ne peuvent pas travailler pour leur propre sécurité ou faute de matériel.
Dans certains centres de santé, les soignants font ce qu’ils peuvent, mais comment opérer sans anesthésie ? Comment sauver un enfant sans antibiotique ? Des vies sont perdues chaque jour, juste par manque de soins.
La famine : l’ennemi silencieux
Manger est devenu une bataille quotidienne. Les marchés sont vides à comparer des jours d’avant guerre, les prix explosent et des milliers de familles n’ont plus rien.
Les enfants sont les premières victimes. Sans nourriture, ils s’affaiblissent, tombent malades, et beaucoup risquent de ne pas s’en sortir. Les centres de nutrition, qui autrefois distribuaient des repas aux plus vulnérables, n’ont plus rien à offrir. Les organisations non plus, on dirait. Et le peu qui puisse être disponible n’est plus proportionnelle à la taille de la population qui se trouve dans le besoin accru.
Sans aide rapide, la malnutrition va devenir une catastrophe humanitaire. Déjà, on voit des adultes s’évanouir d’épuisement dans les rues, des mères qui n’ont plus de lait pour nourrir leurs bébés.
Les maladies explosent
Quand on n’a plus d’eau propre, quand on vit entassé sans toilettes, les maladies se propagent à toute vitesse.
Le choléra fait déjà son apparition. Sans eau potable ni savon, la contamination va vite.
Le paludisme explose aussi, car il n’y a plus de moustiquaires ni de traitements.
Les infections respiratoires se multiplient à cause de la promiscuité et de l’humidité.
Et si ça continue ainsi, ce sera bientôt une hécatombe.
La souffrance invisible : le traumatisme des habitants
Vivre sous les bombes, voir des proches mourir, être obligé de fuir… Les cœurs et les esprits sont aussi blessés que les corps.
Beaucoup de jeunes n’ont plus d’espoir, ils errent dans les rues, perdus, incapables de se projeter dans l’avenir. Sans soutien psychologique, sans aide, ce désespoir peut conduire à une explosion de violences, de délinquance, voire de suicides.
Ceux qui s’accrochent encore à l’espoir se demandent : "Que ferons-nous après cette guerre ?"
L’environnement aussi en crise
La guerre ne détruit pas seulement les vies humaines. Elle massacre aussi la nature.
Les déchets s’accumulent dans les rues, faute de ramassage. Résultat : la ville devient sale, un nid de maladies.
Les forêts disparaissent : les habitants coupent du bois pour survivre, faute d’autres sources d’énergie. À ce rythme, Goma risque bientôt de n’être plus qu’un désert. Plus que qu’il a toujours été
Les eaux sont contaminées par les éclats des obus des fumés des explosifs, etc, augmentant les risques de maladies hydriques mortelles.
Et après ? Comment reconstruire ?
Si la guerre s’arrête demain, il restera une ville brisée, une population traumatisée, et un système de santé à reconstruire de zéro.
Que faut-il faire ?
1. Ramener des médicaments et du matériel médical en urgence.
2. Réouvrir les routes d’approvisionnement pour lutter contre la famine.
3. Aider les hôpitaux à reprendre leur fonctionnement.
4. Créer des espaces pour soigner les traumatismes psychologiques.
5. Repenser la gestion de l’eau et des déchets pour éviter d’autres catastrophes sanitaires.
Mais surtout, il faudra accompagner la jeunesse. Leur redonner un but, une formation, un métier. Car sans espoir, il n’y a pas de reconstruction possible.
Une urgence vitale
Goma est en train de sombrer. Chaque jour qui passe coûte des vies. Si rien n’est fait maintenant, ce sera un drame bien pire encore.
Ce n’est pas juste une crise, c’est une urgence humanitaire et sanitaire qui demande une réponse immédiate.
Le monde doit regarder Goma, agir vite, et ne pas laisser la ville mourir en silence.
© Daniel SIWAMBANZA
C'est un grand risque, la santé publique est ménacée. Goma cours une catastrophe humanitaire inimaginable si le monde n'agit pas
Merci beaucoup pour votre témoignage frère et nous pensons que cela pourra être bénéfique pour nos frères et sœurs victimes de ces atrocités.